Site icon

Attestation immobilière après décès : démarches, délais et rôle du notaire dans la succession

Attestation immobilière après décès : démarches, délais et rôle du notaire dans la succession

Attestation immobilière après décès : démarches, délais et rôle du notaire dans la succession

Un décès dans la famille, et au milieu de l’émotion, une avalanche de démarches administratives à gérer. Parmi elles : l’attestation immobilière après décès. Document discret, mais absolument central pour que la succession avance normalement, surtout lorsqu’il y a un bien immobilier.

Qui la prépare ? Quand ? À quoi sert-elle vraiment ? Et que risque-t-on si on la laisse traîner ? Voyons cela point par point, sans jargon inutile.

Qu’est-ce qu’une attestation immobilière après décès ?

L’attestation immobilière (ou attestation de propriété immobilière) est un acte notarié qui constate officiellement le transfert de propriété d’un bien immobilier après un décès.

En clair : tant que cette attestation n’est pas établie, le fichier immobilier (service de publicité foncière) mentionne encore le défunt comme propriétaire. Juridiquement, les héritiers ont des droits, mais ils ne sont pas encore “visibles” dans les registres officiels.

Cette attestation permet notamment :

Sans elle, beaucoup de choses restent bloquées : vente du bien, hypothèque, refinancement, etc.

Dans quels cas l’attestation immobilière est-elle obligatoire ?

Elle est obligatoire dès qu’un défunt possédait un bien immobilier en France : maison, appartement, terrain, local professionnel, garage, etc.

Le passage chez le notaire pour l’attestation immobilière est donc incontournable si :

Seuls les patrimoines sans immobilier (épargne, comptes bancaires, assurance vie, voiture…) peuvent parfois être réglés sans passer par une attestation de propriété immobilière, et dans certains cas sans notaire.

Rôle du notaire dans l’attestation immobilière et la succession

Le notaire est le “chef d’orchestre” de la succession dès qu’il y a un bien immobilier. Son rôle ne se limite pas à produire des papiers : il sécurise juridiquement l’ensemble de l’opération et protège les héritiers.

Dans le cadre de l’attestation immobilière, il :

Au-delà de la technique, le notaire joue aussi souvent un rôle de médiateur : il apaise les tensions familiales et aide à trouver des compromis, en particulier lorsque tous les héritiers n’ont pas les mêmes projets pour le bien (certains veulent vendre, d’autres garder).

Quelles démarches pour obtenir l’attestation immobilière ?

La procédure se déroule en plusieurs grandes étapes.

1. Prise de contact avec un notaire

En pratique, la famille contacte le notaire du défunt (s’il en avait un), ou choisit un notaire de son choix. Tous les héritiers ne sont pas obligés de prendre le même notaire, mais c’est plus simple et plus économique de centraliser.

Le notaire demandera rapidement :

2. Établissement de l’acte de notoriété

Avant de rédiger l’attestation immobilière, le notaire fixe officiellement la liste des héritiers et leurs droits. C’est l’acte de notoriété. Il indique qui hérite, et dans quelles proportions, en fonction :

Ce document est la base de tout : sans lui, impossible de répartir juridiquement le bien immobilier.

3. Évaluation des biens immobiliers

Le notaire doit connaître la valeur du bien au jour du décès pour :

Cette évaluation peut être faite :

4. Rédaction et signature de l’attestation immobilière

Le notaire rédige ensuite l’attestation de propriété immobilière. Elle mentionne notamment :

L’acte est signé par le notaire, et en général par au moins un des héritiers (les pratiques peuvent varier). Les autres héritiers sont néanmoins informés et reçoivent copie.

5. Publication au service de la publicité foncière

Une fois signé, l’acte est transmis au service de la publicité foncière pour enregistrement. C’est à ce moment-là que le fichier immobilier est mis à jour : le nom du défunt est remplacé par celui des héritiers, avec la répartition exacte des droits.

Quels sont les délais à respecter ?

Le délai important est celui de la succession dans son ensemble, mais l’attestation immobilière s’y insère directement.

6 mois pour la déclaration de succession

En France métropolitaine, la déclaration de succession doit être déposée dans un délai de :

Dans la pratique, le notaire essaie de préparer en parallèle :

Délai spécifique pour l’attestation immobilière

Techniquement, l’attestation doit être publiée au service de la publicité foncière dans les 12 mois du décès. Au-delà, des pénalités peuvent être appliquées (surtaxe sur la taxe de publicité foncière).

En pratique :

Un conseil simple : plus vite vous fournissez les documents au notaire, plus le dossier avance vite.

Combien coûte une attestation immobilière après décès ?

Les frais ne sont pas fixés au hasard : ils sont encadrés par un tarif réglementé. On parle souvent de “frais de notaire” mais il est utile de comprendre ce qu’ils recouvrent.

Le coût global de l’attestation immobilière comprend :

Le montant dépend de la valeur du bien. Pour une maison estimée par exemple à 250 000 €, l’attestation immobilière représente généralement quelques centaines d’euros, parfois plus si la situation est complexe ou si plusieurs biens sont concernés.

Important : ces frais sont payés par la succession, donc in fine par les héritiers au prorata de ce qu’ils reçoivent.

Attestation immobilière, crédit immobilier et assurance : ce qu’il faut savoir

Dans un blog orienté finance, difficile de ne pas parler de l’impact sur le crédit immobilier et l’assurance emprunteur.

Si un prêt immobilier est en cours

Le décès d’un emprunteur ne fait pas “disparaître” le crédit. Trois cas typiques :

L’attestation immobilière prendra en compte l’existence de ce prêt, mais côté technique, c’est surtout au moment de la déclaration de succession et des arbitrages entre héritiers qu’il faudra trancher : garder et continuer à payer, racheter les parts des autres, vendre, etc.

Et l’assurance habitation ?

Le décès du propriétaire n’annule pas automatiquement le contrat d’assurance habitation. En général :

L’attestation immobilière peut être demandée par certains assureurs avant de modifier le contrat au nom des héritiers ou du nouveau propriétaire.

Attestation immobilière et vente du bien : peut-on vendre sans attendre ?

Beaucoup de familles souhaitent vendre rapidement après un décès pour éviter les frais, solder les comptes, ou parce que personne ne veut garder le bien.

Peut-on signer un compromis de vente avant l’attestation ?

Oui, en pratique, il est souvent possible de signer un compromis de vente avant que l’attestation ne soit publiée, à condition :

En revanche, l’acte authentique de vente, lui, ne pourra pas être signé tant que l’attestation n’aura pas été publiée au fichier immobilier. Impossible de vendre un bien au nom d’une personne officiellement décédée.

Cas particuliers : indivision, usufruit, SCI…

La forme juridique sous laquelle le défunt détenait le bien a un impact direct sur l’attestation.

Indivision entre époux ou avec d’autres membres de la famille

Si le bien était détenu en indivision (par exemple 50/50 entre les deux époux) :

Cette répartition peut ensuite être modifiée par un partage ou un rachat de parts entre héritiers.

Usufruit et nue-propriété

Dans les familles ayant anticipé la transmission (donation de la nue-propriété aux enfants, conservation de l’usufruit par les parents), le décès de l’usufruitier entraîne en général la réunion de la pleine propriété entre les mains des nus-propriétaires.

L’attestation immobilière vient constater ce changement : les nus-propriétaires deviennent pleins propriétaires, sans droits de succession supplémentaires dans la plupart des cas (si la donation avait déjà été taxée).

SCI (Société Civile Immobilière)

Si le bien était détenu via une SCI, c’est en réalité les parts de la SCI qui sont dans la succession. Dans ce cas :

La présence d’une SCI complexifie un peu la mécanique mais donne aussi plus de souplesse pour organiser la gestion ou la vente du ou des biens.

Erreurs fréquentes et points de vigilance

Certaines erreurs reviennent souvent dans la gestion de l’attestation immobilière après décès. En les connaissant, vous pouvez les éviter.

Faut-il toujours accepter la succession pour obtenir l’attestation immobilière ?

L’attestation immobilière suppose de savoir qui accepte ou refuse la succession. Accepter la succession, c’est accepter à la fois les actifs (biens, comptes, valeurs) et les passifs (dettes, prêts, impôts).

En cas de doute sur un patrimoine potentiellement endetté, trois options :

Le notaire vous explique ces options avant de finaliser les actes, y compris l’attestation immobilière. En cas de doute sérieux, il est souvent plus avisé de temporiser et de demander un état complet des dettes avant d’accepter.

En résumé, l’attestation immobilière après décès est bien plus qu’une formalité administrative : c’est le pivot qui permet de rendre officielle la transmission d’un bien immobilier et d’ouvrir (ou non) la voie à une vente, un partage, ou un projet de conservation familiale. Bien accompagnée par un notaire, cette étape peut se dérouler dans un cadre clair et sécurisé, malgré le contexte émotionnel souvent difficile.

Quitter la version mobile